Ce qui fatigue vraiment le corps quand on joue de la guitare

Voici les tensions les plus fréquentes observées chez les guitaristes, celles que la science décrit depuis plus de 30 ans… et que très peu de musiciens connaissent vraiment.

L’objectif n’est pas de diagnostiquer, mais de comprendre. Car comprendre, c’est déjà jouer plus librement.

1. L’avant-bras droit en appui sur une arête trop dure

C’est l’une des causes les plus répandues de fatigue.


Le bord de la guitare exerce une pression sur :
– le nerf radial,
– les muscles extenseurs,
– la circulation locale.


Résultat : fatigue, engourdissement, picotements, crispation.

C’est documenté notamment dans les travaux de Fry (1987) et Lederman (1999) sur les micro-compressions répétées en contexte instrumental.

2. L’élévation de l’épaule droite

Si la table de la guitare est trop haute ou la forme trop “carrée”,
l’épaule doit se lever pour passer par-dessus l’instrument.

Cette position prolongée sollicite :
– le deltoïde,
– le supra-épineux,
– le trapèze supérieur.

Conséquence : fatigue rapide, sensation de brûlure, perte de mobilité.

L’étude de Zaza (1998) classe cette élévation forcée comme un précédent direct des tendinopathies.

3. La rotation interne de l’épaule (bras “vers l’intérieur”)

Position fréquente quand :
– on joue trop bas,
– ou qu’on se penche sur la guitare.

Elle limite la liberté de l’omoplate et augmente la pression sur l’articulation gléno-humérale.

Résultat : fatigue profonde + risque d’inflammation (ce mécanisme est bien connu dans les travaux de Kok, 2016).

4. La posture affaissée (dos arrondi)

Elle semble anodine, mais elle entraîne :


– une fatigue du bas du dos,
– une pression accrue sur les disques intervertébraux,
– une réduction de la capacité respiratoire (donc impact direct sur le chant).

De nombreuses études sur musiciens assis montrent que la posture en flexion prolongée est l’un des premiers facteurs de fatigue lombaire.

5. Le poignet gauche cassé en angle

Souvent dû à :


– une guitare trop large,
– un manche trop bas,
– ou une mauvaise position du pouce.

Conséquence :
fatigue des fléchisseurs, perte de force et crispation dans les barrés.

Les travaux de Brandfonbrener (2003) sont très clairs là-dessus.

6. La fatigue respiratoire (rarement citée… mais essentielle)

Quand le buste s’affaisse ou que l’épaule est en tension,
le diaphragme travaille moins bien.

Résultat :
– respiration plus courte,
– tension diffuse,
– fatigue vocale si on chante.

Très étudié en ergonomie instrumentale (Hoffman, 2010).

En résumé

La fatigue n’est jamais “dans la tête”.


Elle est presque toujours liée à une contrainte mécanique que le corps compense tant qu’il peut…
jusqu’au jour où il dit stop.

La bonne nouvelle ?


Dès qu’on comprend ce qui fatigue, on peut :
– mieux se positionner,
– libérer ses gestes,
– diminuer les tensions,
– et retrouver du confort très rapidement.

Et parfois, une simple adaptation du jeu, de la posture…
ou de l’instrument lui-même…
change tout.

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